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Patrick Huard : un homme à la caméra
Par Toby Leclerc

Il est producteur. Il est animateur. Il est auteur. Et, bien sûr, il est acteur. Patrick Huard se fait désormais réalisateur pour le long métrage Les 3 P’tits cochons. Un premier, mais sûrement pas un dernier film pour le Bon Cop.

Patrick Huard rêvait depuis des années de faire son propre film. Il avait déjà réalisé des clips pour Florent Vollant et Éric Lapointe. Il avait aussi tourné un petit documentaire pour ARTV. Mais il attendait encore le projet qui le ferait « tripper ». Ce projet est finalement arrivé l’an dernier, de façon complètement inattendue. « C’est carrément le producteur, Pierre Gendron qui m’a appelé, nous explique-t-il lorsqu’on l’a joint au téléphone. J’avais déjà travaillé avec lui comme acteur pour Maman Last Call. Il savait que je voulais réaliser et quand il a entendu dire que les scénaristes des 3 P’tits cochons cherchaient un réalisateur, il leur a parlé de moi. J’ai lu le scénario, j’ai aimé ça, on s’est rencontré et ça a vraiment cliqué! »

Clic, clic, clic!
Huard a effectivement cliqué sur cette histoire de trois frères qui, réunis au chevet de leur mère mourante, en profitent pour parler de relations de couple, de fidélité et, surtout d’infidélité. « C’est un petit film très joli, très touchant, très drôle. On rit beaucoup, mais ce n’est pas du tout le même genre que Bon Cop, Bad Cop! C’est très loin du style d’humour que je fais habituellement. Et je crois que ça va beaucoup surprendre le public. J’ai vraiment aimé le scénario instantanément. »
Une fois que le réalisateur a validé le scénario, il fallait aussi que ça clique avec les acteurs de la production. Après tout, il peut être difficile de diriger des collègues avec lesquels on a déjà joué dans le passé. Huard affirme pourtant qu’il n’y a eu aucun conflit de ce côté-là: « J’étais un peu nerveux au début parce que ce sont des copains de travail. Mais finalement, j’ai adoré faire ça et j’avais beaucoup d’amis sur le plateau. Je les ai trouvés très à l’écoute et j’étais surpris de voir à quel point ils étaient tous super contents de se faire diriger. »

Ménage à trois
Parmi ces amis, on retrouve Claude Legault, un acteur que Huard voyait dans son film dès le tout début: « Je savais que Claude était mon homme, je l’ai toujours su. À partir du moment où il a accepté, j’ai pu choisir les deux autres acteurs pour les rôles masculins principaux. Paul Doucet aussi, ça a été un choix rapide. Guillaume Lemay-Thivierge, je l’ai auditionné plus tard, et ça a été une vraie révélation! Une fois que j’ai rassemblé mes trois gars, j’ai pu trouver leurs trois blondes. Tout s’est placé en fonction de ce trio. » Pour incarner les trois douces moitiés féminines, Huard a opté pour Sophie Prégent, Isabel Richer et Julie Perreault. « Il ne fallait pas que les femmes se ressemblent physiquement. Elles devaient toutes avoir un look et une énergie différente. Pour choisir les actrices, j’ai procédé par flash: si je voyais que ça marcherait bien avec le gars, je la gardais! »

Pour ce qui est de l’expérience réalisation, l’artiste ne semble garder que de bons souvenirs: « On a tellement trippé sur le plateau, on a eu tellement de plaisir... J’ai aussi appris énormément de choses. » Alors, le prochain film signé Huard, on l’attend pour quand? « Je recommencerais demain matin! Mais je vais commencer par présenter Les 3 P’tits cochons au public », lance-t-il en riant. Puis, après une seconde de réflexion, il rajoute avec une pointe d’ironie: « Le public pourra décider s’il me laisse en faire un deuxième... Mais, j’aimerais vraiment, vraiment ça! »


L’homme à tout faire
Un artiste aussi prolifique doit forcément avoir des préférences : préfère t-il se retrouver devant ou derrière la caméra? « C’est complètement différent pour moi, explique Huard posément. Dans Bon Cop, Bad Cop, je scénarisais et j’étais un des producteurs. Dans Cadavres, le dernier film que je viens de tourner et qui sera au cinéma en 2008, je suis acteur. Dans Les 3 P’tits cochons, je suis réalisateur... Chaque expérience est différente, et je ne pourrais vraiment pas dire que j’aime un métier plus qu’un autre. Ce que je trouve le fun, c’est justement de pouvoir me promener de l’un à l’autre, et de toucher à tout. Ça, c’est vraiment ce qu’il y a de plus génial! »


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