Au gré des ans et des honneurs, sa carrière pousse comme la verdure sur la ferme de son enfance. Rencontre avec un interprète qui sait comment cultiver l'émotion.
Quand on a devant soi Maxime Denommée, on voit tout sauf l'animateur branco-branché d' Idole Instantanée . Né à Ste-Brigide-d'Iberville en Montérégie, le jeune homme souhaitait cultiver autre chose que des légumes. À la fin de l'adolescence, il a donc quitté la ferme familiale pour la grande ville et troqué la culture de la terre pour celle de l'art. Depuis, le diplômé du Conservatoire d'art dramatique de Montréal étonne tant au théâtre que sur les écrans. Cet hiver, il prend la tête de La Belle empoisonneuse , un drame fantaisiste mêlant champignons et tragédie grecque. Enfin un rôle principal au cinéma pour l'acteur au jardin déjà bien rempli.
Champignons magiques
Voici le brin de magie dont rêve tout comédien: «Un jour, j'ai reçu un appel de Richard Jutras, se souvient Maxime Denommée, un réalisateur avec qui j'avais travaillé sur un court métrage. Il m'a parlé de La Belle empoisonneuse et m'a offert de me joindre à la distribution. Quand on t'offre un premier rôle au cinéma, habituellement, t'es assez ouvert… (rires)» Le comédien s'est donc moulé au personnage d'Homère, un rat de bibliothèque passionné de mycologie. Blasé de sa vie monotone, il décide un jour qu'il veut vivre une histoire digne des récits qu'il dévore. Il balance tout et tombe par hasard sur la mystérieuse Roxane qui bouleversera sa vie. «C'est dense comme personnage, commente l'interprète. Il a plusieurs couches. C'est quelqu'un à la fois très confiant et très vulnérable.»
Loin des rumeurs
Aux côtés de Maxime Denommée, Isabelle Blais devient l'enjôleuse responsable du désarroi de notre héros. Même s'ils tournaient ensemble pour la première fois, les deux comédiens se connaissaient depuis plusieurs années. «Isabelle et moi, relate Denommée, nous nous sommes côtoyés à l'école de théâtre puis dans la pièce Au Cœur de la rose en 2002. On s'entend bien et on a une belle complicité. D'après ce qu'on me dit, ça paraît à l'écran. Il paraît aussi qu'on fait un beau couple! (rires)». Mais ne partez pas de rumeurs, car hors des caméras et loin des magazines à commérages, l'acteur joue les papas fidèles depuis plusieurs années. Quant à la série télévisée Rumeurs , le sympathique personnage de Simon qu'interprétait Denommée a disparu. On verra ce que l'avenir lui réserve, mais pour l'instant et au moment d'écrire ces lignes, aucun projet de télévision ou de film n'est à son agenda.
Ancré au théâtre
Que fait un comédien quand les lentilles le délaissent? Il retourne à la source: le théâtre. «Je pense que c'est mon port d'attache. Je suis content de faire un film de temps en temps, mais je vois ça comme un luxe. Je me souviens, une année, j'ai tourné deux films, joué dans deux téléromans et deux pièces, mais je me suis rendu compte que c'était passager. Il faut l'apprécier quand ça passe, mais on doit demeurer réaliste. On ne peut pas espérer ça chaque année. En autant que je fasse un ou deux spectacles de théâtre par an, c'est bon. C'est ce qui me garde en forme.» Récompensé d'un Masque pour son interprétation dans Howie le Rookie , Maxime Denommée a de nouveau fréquenté La Licorne l'automne dernier dans Félicité . Il ajoutera à son parcours Les Justes d'Albert Camus cet hiver, du 23 janvier au 13 février 2008 au Théâtre Denise-Pelletier, un drame mis en scène par André Melançon qu'on peut également voir dans La Belle empoisonneuse . Comme le réalisateur de Bach et Bottine , Denommée rêve de pouvoir se balader à la fois devant et derrière les projecteurs. «J'aimerais ça éventuellement. C'est sûr que ça prend des contacts, mais j'aime beaucoup la direction d'acteurs.»
En espérant que le petit creux soit bref, les fans de l'acteur (dont la colorée Mado qui le classe en haut de sa liste) peuvent savourer ses performances dans À part des autres , La Vie secrète des gens heureux et Cheech. Ajoutez à cela Grande Ourse et voilà une récolte enviable pour l'un des interprètes les plus mûrs de sa génération.
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