Après des années à la télé, Marc Labrèche reprend du service au grand écran. En grand. Sous la direction du distingué Denys Arcand, il enfile le costard-cravate de Jean-Marc Leblanc, un fonctionnaire lavallois qui décide de mettre du piquant dans sa vie.
Bien que ce soit le film québécois le plus attendu de l’année, Marc Labrèche arbore un air calme, et un sourire étonnamment serein. «Évidemment, le public attend de voir l’après Invasions barbares. Donc, il y a assurément une certaine pression, atteste le grand blond avec sobriété. Mais, l’Âge des ténèbres, c’est un film qu’on a tourné dans le plaisir, dans la vraie joie de travailler, sans compromis. Pendant le tournage, Denys Arcand nous disait: On y va, et si on se trompe, on se trompe royalement… Mais on le fait!, et c’est ce qui m’emballait le plus. Bien sûr que cela n’enlève pas les doutes. Mais il faut tout mettre en perspective. La réaction et l’accueil, on laisse ça au public.»
Rire jaune
«C’est le regard sur un homme qui aurait peut-être pu être écrivain, comédien, journaliste…, qui aurait pu être politicien à la limite, afin d’essayer de changer les choses, mais qui est passé à côté de sa vie, explique Labrèche. Jean-Marc, c’est un gars qui avait des rêves, mais qui est devenu fonctionnaire au gouvernement, et qui passe ses journées dans un ministère assez pitoyable.»
Entouré d’un secret qui pourrait paraître quasi-impénétrable, le dernier opus du réputé réalisateur du Déclin de l’empire américain semble faire partie de ces œuvres inclassables qui oscillent constamment entre le rire et les larmes. Même son protagoniste avoue avoir du mal à le ranger dans un cadre bien précis: «Le ton est tellement particulier, s’exclame Labrèche. C’est vraiment une drôle de palette: on passe de la comédie à quelque chose de très sombre, de noir, de déprimant aussi. C’est comme s’il y avait plusieurs films dans un…».
Une pluie d’étoiles
Plusieurs films, certes, mais aussi plusieurs vedettes. C’est donc une brochette de personnalités pour le moins impressionnante qui gravitera autour du personnage principal sur tous les écrans du Québec au mois de mai. Ainsi, Diane Kruger, Christian Bégin, Pierre Curzi, Sylvie Léonard, Michel Rivard, André Robitaille, Véronique Cloutier et Caroline Néron feront notamment partie des heureux élus qui apparaîtront aux côtés de celui qui a fait pleurer (de rire) les foules grâce à son triple rôle de Brad-Brett-Brenda dans la délicieuse télésérie Le Cœur a ses raisons.
«C’est vrai qu’il y a une grosse distribution dans le film, souligne l’acteur. Il y avait des gens qui venaient une journée ou deux, il y en a qui jouaient leur propre rôle… C’était comme des éclairs! Un éclair, après un autre… Je croisais quelqu’un, j’avais à peine le temps de faire connaissance et oups!, c’était déjà terminé, il y avait quelqu’un d’autre qui arrivait sur le plateau. C’était extraordinaire! C’était un peu comme au théâtre, quand on côtoie des gens pendant quelque temps de manière très intense. C’est tellement intense qu’on a l’impression de devenir vraiment proche de toute l’équipe et puis, tout à coup, c’est fini!»
La fin et non les moyens
Théâtre, cinéma, télévision… il n’y a pas à dire, Marc Labrèche est un artiste prolifique. Il lui est d’ailleurs impossible de choisir un mode d’expression favori: «Ce n’est pas tellement le médium, mais plutôt les rencontres qui m’intéressent, explique l’acteur avec authenticité. Ce qui me pousse à accepter un rôle, ce sont les gens, ainsi que les projets en eux-mêmes. Ces projets qui font en sorte que t’as l’impression d’être allé quelque part où les circonstances ne t’auraient pas entraîné de façon naturelle. Et ce quelque part, l’Âge des ténèbres m’y a amené…»
|