Peu de comédiens ont la chance de jouer trois grands rôles en douze mois. Pourtant, Guillaume Lemay-Thivierge a réussi l'exploit avec brio. Rencontre avec un acteur à l'énergie incassable.
«Un effort physique vraiment intense». Ce sont les premiers mots que Guillaume Lemay-Thivierge utilise pour décrire son expérience dans La Ligne brisée de Louis Choquette (réalisateur des téléséries 2 Frères , Temps dur , Cover Girl ...). Il faut dire que le programme de mise en forme qui a précédé le tournage n'a guère été facile.
Un entraînement extrême
Pour les besoins du film, Guillaume Lemay-Thivierge et David Boutin, son complice à l'écran, devaient avoir l'air de boxeurs professionnels. «On a eu trois mois d'entraînement extrême, se souvient-il. Parfois, on faisait jusqu'à sept entraînements par semaine! Puisque c'était sur cinq jours, ça voulait dire qu'il y avait des journées où nous avions deux séances...»
À la suite de ces trois mois qui en auraient découragé plus d'un, les deux acteurs ont dû sauter sur le ring pour passer le test ultime. «Pendant trois jours, on a tourné uniquement des combats de boxe, se souvient celui qui, aux côtés de Lucie Laurier, a tenu la vedette de Nitro l'été dernier. De 6h du matin à 19h, j'étais en sueur, j'avais chaud... Ce que j'ai vécu pendant ces jours-là, c'était vraiment capoté !»
L'amitié avec un grand A
Malgré la grande présence du thème sportif, l'œuvre de Choquette n'est pas uniquement un film de boxe. C'est aussi l'histoire de deux amis d'enfance (Lemay-Thivierge et Boutin) qui ont tout partagé, et surtout leur passion pour la boxe. Mais, lorsqu'ils se revoient après une séparation prolongée, les souvenirs du passé font naître des différents entre eux. «Il y a deux époques dans le film. Et, si je ne me trompe pas, il y a un écart d'environ 5 ans entre les deux, souligne Guillaume. Ce n'est pas une grosse différence, mais j'ai quand même été obligé de nuancer mon jeu.»
Dans La Ligne brisée , les coupures ne se retrouvent pas uniquement dans l'aspect temporel. «Il y a des scènes très profondes, des scènes très douces, dans lesquelles on ne voit pas la rage intérieure et la peine que ces gars-là vivent. On sent la grande amitié et la grande complicité qui les lient puis, soudain, on commence à sentir la haine et la rage qui s'installent.»
Comme un vrai boxeur
C'est avec excitation que l'acteur de 32 ans parle des chorégraphies de boxe qu'il a dû apprendre pour Le Ligne brisée . «Tous les combats étaient arrangés à la seconde près. David et moi, nous devions avoir une grande confiance l'un dans l'autre. Nous faisions des combats et nous devions nous taper dessus... sans nous taper dessus! Il fallait donc que l'on connaisse nos réflexes respectifs. Et il fallait qu'on ait une véritable chimie.»
Tout au long de l'entraînement, puis durant le tournage, les deux acteurs ont véritablement réussi à créer un lien très fort entre eux. Et ce lien leur a aussi permis de se surpasser sur le ring. À un tel point que la fiction semblait parfois devenir réalité: «Lors du tournage, même si j'avais conscience que la caméra était là, j'ai vraiment eu, pendant quelques secondes, l'impression d'être un vrai boxeur. Quand je me suis retrouvé avec David sur le ring de boxe, avec 300 spectateurs qui réagissaient exactement au bon moment et de la bonne façon... c'était très fort!»
Une heureuse conclusion
L'acteur souligne qu'après trois jours aussi riches en émotions, le retour au tournage de séquences plus calmes a été libérateur: «Les séances de combat, c'étaient des cris, de la transpiration, de la souffrance... Alors quand on a commencé à faire des scènes dans les autos, dans les maisons, c'était tellement agréable! On avait vraiment l'impression de faire un autre film. La Ligne brisée m'a vraiment fait vivre de gros contrastes.» Pourtant, l'acteur ne semble guère en avoir souffert. Et nous n'en souffrirons sûrement pas non plus lorsque nous verrons ce film qui prend l'affiche le 7 mars dans les salles de cinéma au Québec.
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