Depuis quelques temps, le nom de Fanny Mallette est sur toutes les lèvres et sur tous les écrans. Pour Continental, un film sans fusil, la belle actrice nous offre une entrevue désarmante.
L’an dernier, Fanny Mallette a remporté le Jutra de la meilleure actrice de soutien pour son rôle dans Cheech, le film plutôt controversé de Patrice Sauvé. Pourtant, ce personnage était à mille lieux de ceux qu’elle a l’habitude d’incarner. Elle personnifiait une jeune fille dépressive, au bord du suicide, travaillant dans une agence d’escortes. «La Stéphanie de Cheech, c’était vraiment quelqu’un qui avait à la fois un passé et un présent extrêmement difficiles, souligne-t-elle. Dans Continental, un film sans fusil, on m’a attribué un rôle totalement différent! Je joue une fille à peu près de mon âge, qui habite en banlieue. C’est une personne plutôt calme et silencieuse. Pourtant, elle a aussi des problèmes. Elle cherche l’amour, mais ne le trouve jamais. Elle a essayé d’avoir plusieurs copains, mais ça n’a jamais marché. Elle est constamment seule et elle en souffre beaucoup.»
Un beau quatuor
Cette première œuvre signée par le réalisateur Stéphane Lafleur met en scène quatre personnages incarnés par Réal Bossé, Marie-Ginette Guay, Gilbert Sicotte et bien sûr, Fanny Mallette. Il y est question de la rencontre de ces quatre êtres, provoquée par la disparition d’un homme au sortir d’un autobus. L’opus illustre les relations humaines et leur grande fragilité. On y parle notamment de solitude humaine et du train-train quotidien. Mais jamais on ne tombe dans le drame larmoyant à l’extrême. «Il y a beaucoup d’humour malgré tout. Il y a aussi des moments qui font sourire», tient à préciser l’actrice de 32 ans, originaire de Montréal et mère de deux jeunes garçons.
Une fille d’action
À voir ses prestations télévisuelles dans Grande Ourse, L’héritière de Grande Ourse et Nos étés, on pourrait croire que Fanny Mallette aime les scénarios très mouvementés, au sein desquels il n’y a pas une seconde de répit, et ce, ni en paroles, ni en action. Mais en fait, c’est tout le contraire qui attire l’artiste: «J’aime beaucoup lorsque les images parlent d’elles-mêmes. Il n’est pas nécessaire d’avoir énormément de mouvements et de mots à l’écran pour qu’il se passe réellement quelque chose.» Ainsi, bien qu’elle avoue que beaucoup de ses prestations télévisuelles ressemblent à ce qui se fait habituellement dans les films d’action, elle dit aimer lorsque les émotions passent autrement que par le langage. «Le cinéma est le meilleur moyen de transmettre une multitude de sentiments. Des sentiments qu’il est plus difficile de transmettre sur scène», observe l’actrice qui fait pourtant souvent acte de présence sur les planches des théâtres.
La magie du cinéma
Grande admiratrice de Bernard Émond qui l’a dirigée dans deux films (20h17 rue Darling et La Femme qui boit), c’est avec émotion qu’elle parle de la démarche de ce réalisateur. «J’adore son style. C’est vraiment un style unique, observe-t-elle. Le cinéma de Bernard Émond, c’est tout à fait le genre de cinéma que j’aime.» Le Continental de Stéphane Lafleur semble d’ailleurs aussi correspondre tout à fait au genre qu’elle affectionne: «C’est un film qui comporte beaucoup de chassés-croisés et qui joue énormément sur les simples jeux de regard, explique-t-elle. J’y ai cependant un nombre très restreint de dialogues. Pourtant, c’est une œuvre remplie d’émotions vraiment intenses. Et c’est ça qui fait la magie du cinéma: réussir à faire parler une image.»
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