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Isabelle Blais : la vie à tout allure
Par Toby Leclerc

Cet automne, on ne risque pas de manquer Isabelle Blais. La belle sera absolument partout : au grand écran dans La Belle empoisonneuse et dans Bluff, à la télévision dans C.A., en studio pour enregistrer un nouvel album avec son groupe rock Caïman Fu, et bientôt au théâtre.

L'horaire de travail d'Isabelle Blais donnerait le tournis à n'importe qui. Celle qui campait Julie dans Les Aimants et Catherine dans Québec-Montréal a décidé de n'accepter que les rôles les plus stimulants et les plus exigeants. Mais voilà qu'une avalanche de propositions intéressantes s'est posée dans sa cours… à un rythme plus rapide que celui auquel tombent les feuilles! Entretien avec une fille passionnée… et très occupée!

Le cinéma... malgré tout !
Ces jours-ci, la comédienne et chanteuse s'est laissée prendre par d'enivrantes productions où planent les énigmes… C'est notamment le cas dans La Belle empoisonneuse, un film de Richard Jutras: "Le mystère est attirant, parce qu'il faut l'interpréter pour le résoudre. Dès le départ, j'ai été séduite par le scénario qui est éclaté, audacieux. J'incarne une fille plutôt sombre, qui dégage un côté sale que je n'ai pas joué souvent, et j'adore ça." Tout au long du film, on cherche à démasquer l'empoisonneuse. Et, en trame de fond, on a droit à l'histoire d'amour impossible entre Homère (Maxime Denommée) et Roxane (Isabelle Blais). Comme toute l'équipe de La Belle empoisonneuse, Isabelle a accepté d'être amputée d'une bonne partie de son salaire, pour combler les 225 000 $ refusés par Téléfilm Canada : "Non, je n'ai pas eu le plein salaire que j'aurais dû recevoir. Tout le monde a fait sa part." Lorsqu'on aborde plus largement la crise du financement du cinéma québécois, l'actrice de 32 ans ne craint pas de se mouiller: "Le problème, c'est qu'il n'y a jamais assez d'argent. Ça fait des années que j'entends les producteurs tenir le même discours. À Montréal, c'est foisonnant : il y a beaucoup de gens compétents et motivés. Donc plus il y a de gens qui lancent des boîtes et des projets, plus on manque d'argent. Heureusement, le talent ne manque pas!"

Un caractère fort
Sur les planches, c'est en mars que l'on pourra revoir le visage de porcelaine de la Trifluvienne d'origine. Elle sera la vedette de La Petite pièce en haut de l'escalier, une pièce de Carole Fréchette présentée au TNM: "Cette fois, je prête mes traits à Grâce, une bonne fille exemplaire qui obéit à tout le monde. On découvrira que sous son vernis de perfection, elle est remplie de fantômes et de curiosités, ce qui la poussera à franchir l'interdit… C'est fascinant." Tout comme le personnage de Grâce, Isabelle est en apparence angélique. Charmante, jolie, brillante, talentueuse, un torrent d'éloges pleut sur elle. Elle admet même avoir déjà été frustrée par son casting parfait de fille parfaite: "À une époque, on ne pensait même pas m'appeler pour des rôles plus baveux, plus méchants. Mais bon, on a l'air de ce qu'on a l'air, et il faut prouver qu'on est capable de faire des trucs différents. " Un défi qu'elle relève avec brio. Mais dans la réalité, est-elle si gentille, douce et adorable? "Je sais que je dégage quelque chose de timide, d'introverti, mais je me suis dégourdie dernièrement. En fait, j'ai un caractère fort, parfois même un sale caractère! Ce qui compte à mes yeux, c'est d'être directe et honnête. Je ne veux pas qu'on m'aime à tout prix." »

Une bête de scène
Dégourdie, elle l'est certes. C'est ce qu'on constate lorsqu'on la voit se déchaîner sur scène au sein de son groupe rock, Caïman Fu. Véritable bête de scène, elle confie néanmoins avoir encore le trac malgré ses années de métier: "J'essaie de le tourner positivement. Au théâtre, tu es préparée, tu te fais confiance. Mais en musique, il m'est déjà arrivé d'oublier des paroles de chansons, et quand ça arrive, personne n'est là pour te sauver!" N'empêche qu'elle affectionne ce lien direct avec le public, qui le lui rend bien. Isabelle Blais sera également de retour au petit écran dans C.A., la piquante comédie à saveur sexuelle écrite par Louis Morrissette. La seconde saison en sera une de bouleversements pour le personnage incarné par l'actrice: "C.A. c'est un mélange de Friends et de Sex and the City. On explorera toujours les relations hommes-femmes, l'amitié et le célibat, mais la vie stable de Sarah sera chamboulée. Elle va vivre une rupture avec son amoureux, puis elle va tenter de raviver son couple, de casser la routine… Ça va barder!", promet-elle.


Belle brochette d'artistes pour Bluff
Le suspense a aussi rendez-vous avec Isabelle Blais dans Bluff. Cette comédie dramatique indépendante retrace la vie de douze personnages qui, à un moment ou à un autre, ont vécu dans un édifice condamné à la destruction, où un crime a été commis. Le film met en vedette des têtes d'affiche du cinéma québécois, notamment Rémy Girard, David La Haye, Emmanuel Bilodeau, Julie Perreault et Pierre-François Legendre, en plus d'être coproduit et coréalisé par nul autre que Simon-Olivier Fecteau, fondateur des Chick'n Swell. Ça promet !


Crédit photos: Jean-François Gratton

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