Entrevues parues dans le magazine Primeurs
Alexander Skarsgård
Par Toby Leclerc
La face cachée du vampire
Même s’il perd la mémoire dans la quatrième saison de True Blood, le séduisant et dangereux Eric Northman interprété par Skarsgård n’en continue pas moins de nous glacer le sang. Entretien avec un vampire.
Rencontré à Toronto lors du dernier Festival international du film, l’acteur suédois constate que la popularité de la télésérie a maintenant gagné les producteurs hollywoodiens. « C’est incroyable! Depuis le début de True Blood, les studios n’arrêtent pas de me proposer des personnages semblables à celui d’Eric. Mais, comme je ne veux pas être catégorisé, j’ai tendance à les décliner. »
N’allez toutefois pas croire que Skarsgård est du genre à rougir devant tant de succès. Oui, il doit maintenir une forme olympienne pour les nombreuses scènes de nudité qui parsèment la série (au grand plaisir de ses fans). Et oui, les tournages sont souvent longs et difficiles puisqu’une grande partie de la série doit être filmée la nuit, vampires obligent. Malgré tout, l’acteur de 35 ans continue de voir le bon côté des choses. « Il y a deux ans, au lendemain des Golden Globes, je me suis retrouvé dans un studio suspendu par les pieds à 7 h du matin pour tourner une scène de la quatrième saison. Je portais un uniforme nazi et j’avais des crocs dans la bouche. Je me suis alors retourné et j’ai vu Allan Hyde (Godric) dans la même tenue et la même position que moi. On s’est tout de suite mis à rire : on n’en revenait pas d’être payés pour faire ça! »
Tout un choc!
Difficile d’imaginer que Skarsgård a failli ne pas auditionner pour l’émission. C’est en 2007, tout juste avant son départ pour l’Afrique (où il devait entamer le tournage de la minisérie Generation Kill de HBO, qui lui a permis de se faire connaître en Amérique), qu’il a entendu parler de True Blood. « Je n’étais pas certain de vouloir camper un vampire, se souvient-il. Mais quand j’ai su qu’Alan Ball en était le créateur, j’ai tout de suite changé d’idée. » Avec raison, puisque Ball est derrière certains des plus grands succès de la dernière décennie, dont la série Six Pieds sous terre et le drame Beauté américaine. « J’ai enregistré mon audition à l’aide d’une caméra vidéo dans ma chambre d’hôtel au Mozambique. » Le résultat ne s’est pas fait attendre puisque l’acteur a finalement décroché un rôle. « Je suis directement passé du désert du Kalahari, en Afrique, à Los Angeles pour commencer le projet. Tout un choc! », confie-t-il en riant.
Le jeu en aura valu la chandelle. Cette saison, son personnage de vampire viking, âgé de plus de 1000 ans, devient amnésique après avoir reçu un sort lancé par des sorcières. « Il perd complètement l’essence de ce qu’il est, explique l’acteur. Tout d’un coup, il oublie 1000 ans de rancunes, de frustrations et de haine envers l’humanité. C’est très intéressant à jouer, mais j’ai quand même voulu conserver l’aspect dangereux de sa personnalité. Je voulais qu’on continue à avoir peur de lui. »
Une passion dévorante
Eric Northman pourra heureusement compter sur Sookie (Anna Paquin) pour l’aider à recouvrer la mémoire. En plus de se faire du mauvais sang pour lui, Sookie tombe peu à peu sous le charme du Viking, alimentant une passion amoureuse dévorante. « C’est comme si l’amnésie avait ouvert les yeux de Sookie, croit Skarsgård. Le nouvel Eric lui plaît, c’est certain, mais en même temps, elle sait très bien quel genre de personne il a été dans le passé, à quel point il est dangereux. »
Tout cela ne fait qu’exacerber l’intérêt des fans de la série, bien sûr, mais
aussi de Skarsgård. Après quatre ans à incarner le même personnage, l’acteur n’a toujours pas perdu la passion qui l’animait au départ. « Avant d’embarquer dans le projet, je ne savais pas si j’aurais la patience de jouer dans une série aussi longtemps. Quand on fait un film, on travaille un personnage pendant quelques mois puis c’est fini. Avec True Blood, les créateurs n’en finissent plus de me captiver. » Et parions que les spectateurs resteront sous le charme encore longtemps.
Justes noces
Ce n’est pas parce qu’on est une star du petit écran qu’on ne peut pas aussi jouer dans la cour des grands. Ces jours-ci, les fans d’Alexander Skarsgård peuvent voir leur acteur favori dans un tout autre genre de situation fantastique. Dans Melancholia, le dernier film de Lars Von Trier (Dogville), il campe le fiancé de la dépressive Justine (Kirsten Dunst) qu’il s’apprête à épouser alors qu’une autre planète est sur le point d’entrer en collision avec la Terre.
À voir en salle.
