Entrevues parues dans le magazine Primeurs
Tim Burton
Le merveilleux retour d'Alice
Par Toby Leclerc
Qui de mieux placé que Tim Burton pour renouveler Alice aux pays des merveilles , ce conte gravé dans toutes nos mémoires? Pleins feux sur un projet rempli de couleurs.
L'un des films les plus attendus de l'année est certainement la nouvelle adaptation du conte anglais Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll. Et il ne s'agit pas de n'importe quelle version, puisque, cette fois-ci, elle est associée à l'univers si particulier de Tim Burton, le réalisateur d' Edward Scissorhands , de Beetlejuice et de Big Fish . Mieux encore, cette nouvelle production sera aussi en 3D! Une décision qui réjouit Burton : « Il y a eu une époque où vous mettiez des lunettes 3D et où vous ressortiez du cinéma avec une migraine épouvantable. Ce n'est plus le cas. Désormais, c'est une expérience plutôt agréable. Aujourd'hui, cette technologie permet de rentrer encore plus dans le film », a expliqué le singulier réalisateur en conférence de presse durant le dernier Comic-Con de San Diego. Et pourquoi le « pays des merveilles » se prêtait-il si bien au 3D? « Avec Alice, qui grandit et rétrécit, et tous les endroits bizarres qu'elle visite, le cinéma en relief nous aide vraiment dans cette expérience. Évidemment, ce genre de film ne doit pas fonctionner uniquement en 3D et il doit également rester un bon film pour que l'on ait aussi envie de le voir en 2D. »
Alice, la femme
On s'en doutait, il ne s'agit pas d'une version d' Alice au pays des merveilles semblable à celle que Walt Disney a réalisée 50 ans plus tôt, ni même à aucune autre adaptation du récit traditionnel. Tim Burton a voulu réinventer le tout : « J'ai vu quelques versions cinématographiques qui ne m'ont pas touché », explique-t-il. C'était toujours l'histoire d'une fille qui se baladait, passant d'un personnage fou à un autre. Je n'avais jamais pu tisser un vrai lien émotionnel. » Ainsi, ce nouveau récit se déroule dix ans plus tard, et Alice est désormais une jeune femme de… 19 ans! Si Lindsay Lohan avait été pressentie pour camper le rôle principal (quelle drôle d'idée!), c'est plutôt sur la jeune Australienne Mia Wasikowska que le réalisateur a jeté son dévolu. « Nous voulions qu'il se dégage du sérieux de notre Alice. Jusqu'à présent, toutes les Alice étaient des filles précoces qui aimaient juste se balader. Nous désirions quelqu'un avec un univers intérieur ni flamboyant ni trop démonstratif et qui pouvait nous démontrer qu'elle comprenait tout ce qui l'entourait. Mia a ce talent, et cela nous a beaucoup plu chez elle. »
Une distribution éclatante
Elle devra se montrer forte aussi, cette nouvelle Alice, pour traverser un parcours parsemé d'embûches. Contrainte de choisir un époux, la jeune femme décide de fuir la réalité en suivant le Lapin Blanc (Michael Sheen), retournant ainsi au pays des merveilles, dont elle a tout oublié. Elle y retrouve ses amis d'antan, de Tweedle Dee et Tweedle Dum (Matt Lucas) au Chat de Cheshire (Stephen Fry), en passant par la Chenille (Alan Rickman), le Dodo (Paul Whitehouse), le Lièvre de Mars (Noah Taylor) ainsi que le Chapelier Tocqué (Johnny Depp). À leurs côtés, elle devra lutter contre la despotique Reine Rouge (Helena Bonham Carter) et son terrible monstre, le Bredoulocheux (Christopher Lee), et libérer la Reine Blanche (Anne Hathaway), retenue captive. Il devrait résolument en avoir pour tous les goûts. « Je pense que c'est un conte de fées universel, poursuit Burton. Ce genre d'histoires, comme Le Magicien d'Oz , offre au cinéphile un parcours intérieur. Les personnages représentent certains aspects de la psyché humaine. Vous essayez de faire sortir vos propres problèmes durant ce parcours, même quand vous êtes adulte. C'est pour ça que certains vont faire une thérapie. Moi, au lieu d'aller en thérapie, je préfère faire des films! » Et ce n'est pas l'équipe de Primeurs qui s'en plaindra!
Un succès avant l'heure
Voilà déjà plus de 18 mois que les médias parlent de la fabuleuse histoire d' Alice au pays des merveilles (Alice in Wonderland) à la sauce Tim Burton. Comment Disney a-t-il réussi un tel succès médiatique? Avec un plan de communication original pour créer un engouement sur Internet autour de ce film. Un exemple? Trois pages Facebook ont été créées, et les internautes étaient conviés à s'inscrire à l'une des pages. En juillet, la page ayant le plus de fans devait accueillir la bande-annonce du film. Petit coup d'éclat : le studio s'est fait dépasser. La mise en ligne de la bande-annonce a été faite quelques jours auparavant par un inconnu. Qu'importe! Tout le monde a pu avoir un avant-goût de cette production qui sera présentée en Imax 3D dès le 5 mars au Québec.
